La vraie vie, Adeline DIEUDONNÉ

Date de publication: 29/08/2018

Éditions: l’Iconoclaste

J’ai été intriguée par cette jeune femme dans La Grande Librairie, j’ai noté son nom. Puis, ont commencé à fleurir des avis tous dithyrambiques sur son premier roman. Alors, doublement intriguée, je me suis lancée dans l’ouvrage de l’auteure belge. Et là…BAM…un coup de cœur de cette rentrée littéraire!!

Résumé: Elle, c’est cette petite fille d’une dizaine d’année. Elle habite « le Démo », une espèce de lotissement composée de pavillons identiques. Ternes, insipides et froids. Elle a un petit frère, Gilles, à qui elle tient plus que tout. Son père est un homme froid, paternaliste, ignoble et surtout très violent. Sa mère quant à elle, est une femme effacée, presque invisible, servant de punching-ball à son mari. Dans leur chez eux, il y a une pièce dans laquelle les enfants n’ont pas le droit d’entrer, la pièce aux cadavres, où les trophées de chasse sont exposés. La chasse, grande passion du paternel dans laquelle il étanche sa soif de sang…Un quotidien lourd et violent… puis un jour, Gilles et sa sœur assistent impuissant à un dramatique accident qui va laisser des traces…

Mon avis: en raison des éloges, des avis si unanimes, j’attendais beaucoup de cet ouvrage et franchement je n’ai pas été déçue! Un bon livre noir comme je les aime. Un peu crasseux, un peu dégueu. Un des qui me donne envie d’apparaître dans l’histoire pour aider ces gamins et leur maman.

Si le quotidien est compliqué pour l’héroïne et son frère Gilles, leur relation fraternelle est clairement le socle sur lequel ils s’appuient. Quelle relation et quel amour! J’en ai été très émue. Les relations familiales sont un de mes thèmes favoris. J’aime en lire leur développement et notamment leur complexité, comme c’est le cas dans cet ouvrage. On retrouve une jeune fille qui a la particularité de ne pas porter de prénom, elle reste un pronom: « elle ». Elle se sent seule, au sein d’une famille désunie et en total décalage. Le père est l’archétype du c******, épris de chasse, se délectant de souffrance et de sang. Tyrannique, il aime avoir le contrôle et bat sa femme dès que ça le démange. La mère est insipide, vide à l’intérieur, peu démonstrative, inhibée par la peur de son mari. Gilles, son petit frère est tout en innocence et en soleil. Son repère, la personne la plus chère à ses yeux. Une complicité entre eux. De la protection. De l’amour. Une fratrie unie. Jusqu’à cet accident, jusqu’à ce que le regard innocent de Gilles s’assombrisse, jusqu’à ce que les cadavres posèrent leurs yeux sur lui. Dès lors, le lecteur aura le plaisir d’observer la jeune fille lutter et user de stratégies et d’idées pour aider son frère, persuadée de pouvoir influer sur le temps. Il est intéressant de la voir trouver des échappatoires pour se ressourcer hors de cette famille toxique.

Ici, j’ai le sentiment que l’auteure met un beau taquet à la chasse et surtout à la jouissante qu’éprouvent les chasseurs à la vue d’une proie…. Une proie qui prend petit à petit le forme d’une femme, des femmes. En effet, la violence faite aux femmes, qu’elles aient 40 ou 12 ans, qu’elle soit physique ou verbale, est d’actualité dans cet ouvrage. Et quelle violence !! Elle a éveillé en moi une révolte et l’envie de sauver cette famille, d’un patriarche décérébré.

Quant à l’écriture, elle coule de source!

Conclusion: une des révélations de cette rentrée littéraire ! Un cocktail d’émotions, de sentiments opposés, de l’empathie à la haine, de la délicatesse à la violence et surtout plein d’amour pour cette petite qui tient sa famille à bout de bras.

Bravo Adeline !

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13 réflexions sur “La vraie vie, Adeline DIEUDONNÉ

  1. Merci Gwen car tu me touche une nouvelle fois avec cette critique tout en sensibilité d’une écrivaine dont on parle beaucoup et qui mérite les éloges ! J’étais dans ma librairie préférée cette après midi en attendant que mes nièces sortent de l’école. Un temps affreux alors je me suis dis allons faire un tour au Leclerc culturel et effectivement ce livre, de par sa couverture et son sujet, nous invite à nous plonger dans un univers de violence patriarcale terrible.. La violence faite aux plus fragiles est une des plus profondes lâchetés.. ça m’a toujours révolté tout comme toi. La relation frère/sœur semble être un point fort du livre. Tu m’as convaincu de le lire. On en reparlera c’est sûr toi et moi. Je préfère le Leclerc culturel à la Fnac car les libraires sont de très bons conseils ! Beau weekend à toi ! ici c’est le déluge, un temps idéal pour lire ou regarder Netflix 😉 Bisous pour toi Gwen et ta chère Alsace ! 😉 🙂

    Aimé par 2 personnes

    1. Merci à toi Fred pour tes mots, toujours très beaux!
      Ce livre devrait beaucoup te plaire de par la révolte qu’il suscite…! La relation entre les deux est très belle et franchement touchante. N’hésite pas à me donner ton opinion.
      J’aime beaucoup les libraires de l’espace culturel que je fréquente, en plus d’être avenants, ils sont de bon conseil!
      Pareil il pleut beaucoup: ménage, lecture, Netflix quel cocktail ! 😂 bisous pour toi Fred et ta belle Bretagne!

      Aimé par 1 personne

      1. Avec plaisir Gwen je te donnerais mon retour ! merci Netflix parce que l’automne sinon c’est au minimum « long » ^^ J’achète beaucoup de mes livres à l’espace culturel Leclerc d’une commune voisine. C’est top ! Bisous Gwen, belle semaine à toi 😉 🙂

        Aimé par 1 personne

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