Avec un peu de chance, Julianne PACHICO

Date de parution: 16/05/2018

Éditions: Plon

Je remercie tout d’abord Aviquali (Camille), ainsi que les éditions Plon pour cette très belle découverte! Une auteure que je ne connaissais pas, mais une thématique qui m’a intéressée et touchée: la Colombie, sa vie et le désastre politico-social. Une œuvre politico-sociale subtile et engagée.

Résumé: Stephanie Lansky n’avait pas envie d’aller à cette fête dans la villa des Montoya. Seule chez elle avec la gouvernante, elle apprend par la radio le début de l’insurrection. Un homme l’attend devant chez elle, encore et encore. «  El profé » n’était pas destiné à faire cours à des insectes, galets et brindilles, et pourtant, c’est tout ce qui lui reste. Quand le pays part à la dérive, sous le joug des narco-trafiquants c’est tout un peuple qui trinque. Sur deux décennies, voici l’histoire de Stéphanie, Betsy, Mariela, Eduardo, Sebastian et d’autres encore.

Mon avis:

L’auteure signe un très bon roman qui m’a convaincue sous bien des aspects. Tout d’abord, j’ai trouvé la thématique très forte en émotion: la Colombie et ses drames socio-politiques qui gangrènent le pays. Toile de fond de l’œuvre, nous suivons le parcours de différents protagonistes entre 1993 et 2013. Ces derniers ont pour la plupart un point commun, car ils ont côtoyé la même école, voire la même classe. Nous les retrouvons chacun, pour un chassé croisé, à la croisée de leur destin.

De plus, sous l’aspect romancé du livre, l’auteure dénonce clairement un système jugé répressif, violent, injuste et dangereux, dans lequel, il n’y a plus de règles, de démocratie, de justice et d’égalité. L’environnement est saccagé par l’utilisation massive de pesticides pour toujours plus de profit, au détriment des pauvres habitants se muant en dommages collatéraux sur pattes. Comment vivre ou plutôt survire dans un pays à la merci des trafiquants, des chefs auto-proclamés ou des corrompus ? D’ailleurs, le narco-trafic et la drogue de manière générale occupent une place prépondérante, ce qui confère à cet ouvrage un sentiment de triste réalité et d’impuissance. En tout cas, j’ai été très sensible au ton engagé de Julianne Pachico.

Le titre de l’œuvre porte d’ailleurs bien son nom, « avec un peu de chance » peut-être auront-ils une meilleure vie, peut-être pourront-ils s’enfuir. Nos protagonistes en tout cas n’ont pas tous eu cette chance, et s’ils l’ont eue, ils en restent marqués à jamais.

Outre une thématique forte, l’autre force de ce livre réside en ses personnages, aux facettes différentes et variées. Entre les jeunes filles aux rêves d’un ailleurs, celle aux allures de peste qui se retrouve coincée seule chez elle, avec un homme mystérieux, ce gamin aux airs étranges qui n’a pas une pièce en poche mais qui n’a peur de rien, cette colombienne qui a migré aux USA, addict à la poudre blanche, mais qui reste obsédée par son pays, ce professeur fervent amateur de littérature qui se retrouve à faire cours à des insectes et des brindilles pour ne pas perdre pied… Émouvants, agaçants, effrayants, tout un panel de sentiments pour tout un panel de personnages. J’ai beaucoup apprécié les descriptions très réalistes et visuelles, notamment sur l’insalubrité du professeur en captivité, et cette petite fille aux cheveux tellement sales que les lentes sont apparentes. La littérature et la culture sont très prégnantes dans le livre et l’auteure les écrit toujours avec respect et délicatesse comme si elles étaient espoir et promesse.Enfin, la plume de l’auteure est limpide, accessible et m’a personnellement beaucoup plu!

En revanche, malgré toute la sympathie et l’empathie que j’ai pu avoir ou ne pas avoir envers les personnages, j’ai éprouvé des difficultés à suivre le fil du récit, surtout que nous sommes en présence d’un récit enchâssé mêlant époques et personnages. De nombreuses fois, j’ai dû revenir aux pages précédentes pour me situer. Il en va de même pour certaines métaphores très plaisantes, mais pour lesquelles il s’agit de s’accrocher et de rester concentré, sous peine de ne plus savoir de quoi il en retourne.

Pour conclure, un coup de cœur sur le sujet, les vécus et les personnages. Moins sur la forme, avec les difficultés que j’ai eu à me repérer. Néanmoins, je retiens que j’ai été émue et j’en sors révoltée. Je suis allée me documenter sur le pays et son devenir politico-social et je pense que c’est là tout l’objectif de l’auteure. Un roman romancé, mais pas que. Un roman engagé et social. Le livre sera en librairie le 16 Mai, alors avis aux amateurs de littérature étrangère, d’histoire et de civilisations! Mais pas que! 😉


7 réflexions sur “Avec un peu de chance, Julianne PACHICO

  1. ah Gwen c’est une très belle chronique ! le narco trafic, tous les problèmes qui en découlent, ça me passionne. J’ai beaucoup lu, notamment Don Winslow qui écrit très bien. C’est hyper violent comme société et très éprouvant de se dire que le monde est ainsi fait. Mais il nous reste notre pourvoir de révolte face à l’aveu d’impuissance des politiques, leur démission devrais je dire. Tu lis des univers très divers ce qui est riche pour le lecteur qui du coup est invité à sortir de sa « zone de confort ». Passe un excellent weekend. Bisous chère Gwen 🙂 😉

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Beaucoup 😊
      J’étais certaine que cette thématique allait te plaire, en tant qu’amateur d’histoire ! Je ne connais pas du tout Don Winslow. Peux-tu m’en dire plus ?
      Effectivement, c’est de l’hyper violence, mais c’est nécessaire d’en parler!
      Merci, j’aime lire des univers différents et variés! 😊 belle soirée Fred! Bisous à toi!

      Aimé par 1 personne

      1. Don Winslow est un très grand auteur de narco polar. Il est surtout connu pour « Les griffes du chien » dont j’ai fais la chronique il y quelques mois. Je te mets le lien https://thedude524.com/2017/01/05/litterature-la-griffe-du-chien-don-winslow-la-fille-du-train-paula-hawkins-ma-malzenn/

        Il a écrit la suite qui s’appelle « Cartel » et c’est juste sublime. Je te mets le lien vers ma note : https://thedude524.com/2017/08/14/litterature-le-projet-starpoint-marie-lorna-vaconsin-cartel-don-winslow/

        Deux grands classiques, une fresque monumentale, « Le Guerre et Paix des romans sur la drogue » selon le maître James Ellroy. Gros bisous Gwen 🙂 😉

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